Alors que le neuvième rendez-vous roumain se tenait en ligne le 28 juin, un androïde en sera le curateur en 2022, lors de la dixième édition. Une nouvelle percée de l’intelligence artificielle dans un monde de l’art.

 

Dans le monde d’avant la pandémie de Covid-19, les commissaires d’exposition sautaient d’un avion à l’autre. Redoutés, critiqués mais respectés, ils enchaînaient les visites d’ateliers, tissant des complicités avec certains artistes, créant attentes et frustrations chez les autres. Interdits de long-courriers, les jet-curateurs ont dû renoncer à leurs voyages et se sont initiés, comme tout le monde, aux réunions Zoom, en espérant bientôt retrouver l’expérience de l’œuvre, l’intimité avec les créateurs et, plus encore, leur magistère.

L’annonce faite par la très confidentielle Biennale de Bucarest, dont la prochaine édition se tient en ligne ce 28 juin, est toutefois un mauvais signal pour cette profession : le curateur de son édition 2022 sera un androïde. Conçu par le laboratoire autrichien Spinnwerk et baptisé Jarvis, du nom du majordome virtuel du super-héros Iron Man, il sera opérationnel fin 2021.