Édouard Philippe a appelé dimanche à la poursuite du télétravail après le 11 mai « dans toute la mesure possible » et déclaré que, dans les activités où ce n’est pas possible, les gestes barrière et la distanciation sociale devaient être respectées. « Beaucoup de nos concitoyens se sont mis (…) au télétravail, beaucoup peuvent le faire, beaucoup ont pu profiter de cette possibilité. Il va falloir que ce télétravail se poursuive dans toute la mesure du possible  », a dit le Premier ministre lors d’une conférence de presse depuis Matignon.

« Et puis quand il n’est pas possible, et il y a beaucoup d’activité où il n’est pas du tout possible de faire du télétravail, il va falloir que les règles d’organisation de l’entreprise respectent ces mesures de gestes barrière et de distanciation sociale », a-t-il ajouté.

Ce lundi, la ministre du Travail Muriel Pénicaud, interrogée sur RTL, estime qu’un « mix » avec le travail présentiel est envisageable : « Je crois d’ailleurs que la reprise va se faire plutôt par rotation d’équipes. »

La ministre a également annoncé la mise en place d’un groupe de travail : « Le rapport au travail va être lui aussi bousculé, et l’organisation du travail va aussi être bousculée par cette période, par l’expérience que nous aurons tous vécue pendant quelques semaines. »

Mais que pensent les salariés confinés d’une poursuite du télétravail après le 11 mai ? À en croire l’étude Opinion Way commandée par le cabinet conseil Empreinte Humaine etrelayée par France Inter ce lundi, 44 % des salariés français interrogés se sentent en situation de « détresse psychologique », et un quart d’entre eux est en risque de dépression. 18 % des télétravailleurs confinés présentent même des signes de troubles mentaux sévères, anxieux, voire dépressifs…

Si Muriel Pénicaud plaide pour les espaces de « coworking » près de chez soi « sans les temps de transports », pour rompre avec l’isolement et maintenir du lien social au travail, cela ne pourrait ne pas suffire. Toujours selon l’étude Opinion Way, ils existent d’autres sources de mal-être dans le télétravail : le fait de ne pas pouvoir s’isoler (45 % des salariés en télétravail) et également le sentiment d’être plus sollicité.

Pour autant, tout n’est pas négatif, le télétravail semble même s’inscrire dans les usages. Un sondage mené par Deskeo, spécialiste du flex-office révèle que 62% des sondés voudront faire plus de télétravail après le confinement. Au point qu’ils sont mêmes prêts (pour 79 % d’entre eux) à sacrifier leur bureau attitré pour faire plus de travail à la maison que ce soit pour gagner du temps dans les transports (pour 38 %), pour travailler au calme (27 %).

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