Profiter du temps au lieu de le meubler

Dans la tradition hindoue, en naissant, chaque être humain entre dans la «danse de Shiva (1)» et fait alors son premier pas… vers la mort. Ainsi, le temps est non seulement relatif, mais également une denrée non renouvelable. Alors on devient avare de temps. On «étire» la journée de travail de 8h à 20h, par peur de ne pas réussir à tout faire, et au risque de se saturer et d’être moins efficaces. Puis, le week-end, on bouge, on voyage, pour se donner l’impression de reprendre le contrôle sur le cours de sa vie. Finalement, on ne profite jamais vraiment de son temps (sans parler de le maîtriser), on le «meuble».

«Le temps nous est compté, dit la sagesse populaire. Oui, mais en quelle monnaie ? ajoute Einstein. » Cette phrase de François de Closets fait mouche. Il est urgent de reprendre le pouvoir sur le temps, de ne plus lui être soumis. Pour cela, traitez-le non plus comme une denrée qui s’épuise, mais plutôt comme un capital limité dont il faut tirer le meilleur profit. Sachez faire les bons placements, éliminer les mauvais et vous adapter à la variation des cours. A partir du moment où vous faites des choix instruits, il ne peut plus y avoir de pertes. Comme le disait Alexis de Tocqueville : «ce que l’on appelle du temps perdu est bien souvent du temps gagné».

Changer de paradigme

En pratique? Il faut changer de paradigme. En naissant, nous avons tous un capital santé, un capital temps de vie, et un capital talent. Si l’on gère bien son capital santé, cela augmente le temps de vie, et le capital talent, lui, ne se réalise qu’en fonction des deux autres. Comme dans un cycle agricole, on sème, cela fleurit, puis on récolte et on profite des fruits.

Une fois le temps de vie maximisé, reste à gérer le capital temps au jour le jour. Comment l’investir au mieux : dans du travail, dans du repos, dans du plaisir ? En réalité, tout dépend de votre objectif (thésaurisation, dépense, immobilisation à court ou long terme…). Gérer son temps n’est plus alors une contrainte, ou même un supplice comparable à celui de Sisyphe et de son rocher, mais plutôt un jeu, et même un art.

Penser que vivre = faire

Collectivement, nous faisons l’erreur d’assimiler la mesure du temps de vie avec la quantité de choses faites. Il en résulte nécessairement une frustration permanente à l’idée des possibles non réalisés. Ce n’est pas la bonne unité de valeur. Votre temps se mesure plutôt en satisfaction de soi, en joie de vivre, en plaisir, et non pas en heures passées au travail. «Personne ne se soucie de bien vivre , mais de vivre longtemps, alors que tous peuvent se donner le bonheur de bien vivre, aucun de vivre longtemps.» (Sénèque).

 

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